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Titre du blog : Médias Justice
Auteur : SemtobFK
Date de création : 06-06-2008
 
posté le 07-04-2014 à 01:04:18

Pneus recyclés : Mais où jouent vos enfants?

Pneus recyclés : Mais où jouent vos enfants?

Des spécialistent évoquent des risques d'allergies, de cancer et de stérilité. 

A lire très attentivement. 

 

Source : L’encyclopédie libre Wikipédia « Pelouse artificielle »

 

"Santé environnementale"

"L'utilisation de produits de recyclage des pneus laissaient craindre à certains un possible relargage de polluants ou d'allergènes, dans l'air ou dans l'eau de drainage (métaux lourds notamment). Après de premières analyses, des taux de poussières de plomb ou de plomb dans les particules de caoutchouc ont effectivement été trouvés dans plusieurs cas en quantité dépassant les normes admissibles.

Les pistes et terrains à base de déchets recyclés ont été – depuis la fin du xxe siècle – banalisés, notamment via leur utilisation pour le football (Selon les fabricants, depuis 2003, plus de 70 matchs de la FIFA U-17 et U-20 de la Coupe du Monde ont été disputés sur les terrains de football synthétiques). Les retransmissions télévisées les ont rapidement fait connaître dans le monde entier. Les producteurs de gazon et pistes synthétiques (à base de pneus recyclés) ont une communication proactive vers les acheteurs potentiels, mais aussi les usagers ou parties prenantes dont (aux États-Unis au moins) les enseignants sportifs, les clubs et les parents d'élèves. Ceci s'est traduit - dans les années 2000 - par une forte demande de terrains en gazon synthétique. Selon le syndicat américain des fabricants, en 2007-2008, plus de 800 nouvelles pistes et terrains de sport synthétiques « multiusage » étaient annuellement construites chaque en Amérique du Nord dans les écoles, les collèges, stades et parcs sportifs, et il y aurait en 2011 aux États-Unis plus de 7 000 terrains en gazon synthétique utilisés, dans les écoles et universités notamment.

Certains matériaux de ces terrains contiennent des produits chimiques toxiques ou écotoxiques. En l'absence d'études scientifiques approfondies sur d'éventuels risques sur la santé, après la publication de premières analyses, et en réponse aux craintes de groupes de parents et de certains législateurs (au niveau local et national), certaines villes (à la fois payeur et responsables) ont souhaité disposer de plus d'informations. Ainsi, début 2008 la ville de New York qui faisait partie des leaders en termes d'installation de terrains synthétiques (avec 77 terrains installés de 1997 à 2007, et 23 autres prévus) a provisoirement annoncé qu'elle suspendait (« l'utilisation de caoutchouc de remplissage de gazon synthétique dans tous les projets d'aménagements des Parcs urbains », via une directive d'aménagement des parcs, du 14 janvier 2008. Le service des parcs a ensuite dit s'être mal exprimé et ne pas vouloir supprimer les Turfs (gazons) avec remplissage à base de pneus recyclés, mais simplement vouloir à l'avenir expérimenter d'autres types de tapis, tels que les fausses pelouses en nylon, semblable à l'ancien AstroTurf (cependant depuis, l’AstroTurf ou des fibres Nylon/polyéthylène se sont révélés parfois chargé en plomb, plus que d'autres types de pelouses de plastique testés dans le New Jersey et au-delà des normes, à des doses qui selon les CDC (Centers for Disease Control and Prevention) posent « un problème potentiel pour la santé publique »). La ville de New York - utilisant la loi lui permettant l'accès à ce type d'information - a demandé à l'un des fabricants (Forever Green) une fiche de sécurité sur la poudrette, obtenue en juillet 2006; Selon cette fiche, « ce produit contient des huiles de pétrole (...) similaires à celles classées comme causant le cancer cutané chez la souris après un contact prolongé et répété » ; « Tout danger potentiel peut être minimisé en utilisant des équipements de protection [...] pour éviter le contact de la peau et par un lavage à fond ». Une recommandation plus édulcorée figurait alors sur le site Internet du département américain de la Santé; reprise par certains fabricants ; « Comme pour toute activité extérieure, il est recommandé que, après avoir utilisé une pelouse synthétique, les gens se lavent les mains avant de manger ou de boire ».

En 2008, deux médecins ont été sollicités par la ville pour étudier le contenu de la revue d'étude scientifiques qu'elle avait faite faire. Ils ont minimisé les risques liés aux relargages ; Tout en reconnaissant que « Plusieurs études crédibles » avaient trouvé dans la poudrette de caoutchouc des « cancérogènes humains connus » et des « produits chimiques neurotoxiques » tels que plomb, chrome, arsenic, chrysène et aromatiques (dont isomères de toluène et de xylene, qui semblent avoir été trouvé avec les plus hautes concentration) ils ont estimé que la ville avait exagéré le risque en s'appuyant sur des études d'exposition au caoutchouc en milieu industriel, très différent du cas des granules intercalaire en caoutchouc utilisées dans le gazon synthétique. Ils confirment ce que Crain et Zhang avait déjà dit : Le gazon contient des carcinogènes connus et des métaux lourds susceptibles d'induire des malformations congénitales et de retard mental, mais on ne dispose pas d'étude prouvant scientifiquement que le gazon artificiel pose un important danger pour la santé. Les deux médecins ont cependant alerté sur le fait que les arrosages ou brumisations nécessaires au refroidissement des terrains pourraient avoir un effet pervers « Les gouttelettes d'eau résiduelle peuvent agir comme incubateurs de bactéries [...] Cela peut ouvrir la voie à des infections cutanées », notamment de type SARM (infection par des staphylocoque antibiorésistant), maladie émergente et nosocomiale pouvant être acquises par les brûlures sur le gazon.

Les fonctionnaires municipaux ont fait savoir que le rapport exonérait le gazon synthétique et - bien que cet examen n'ait pas été concluant sur plusieurs point - les médias américains ont d'abord retenu l'argument de l'absence de risque (The New York Times a titré à ce propos « Une étude révèle l'absence de risque dans le gazon synthétique. »"

 

"Poudrette de caoutchouc"

 

"La poudrette est assez facilement dispersée dans l'air et souvent retrouvée dans les vêtements, chaussures, cheveux.

La plupart des sols sportifs synthétiques (dont les gazons artificiels), comprennent de la poudrette de caoutchouc recyclé, provenant notamment de pneus usagés. Pour Patti Wood, directeur exécutif de l'ONG Grassroots Environmental Education « la poudrette de caoutchouc est un matériau qui ne peut être légalement mis en décharge ni jeté en mer en raison de sa toxicité ; pourquoi diable devrions-nous laisser nos enfants jouer dessus ? ». Ce caoutchouc recyclé (souvent importé de Chine) contient de nombreux produits chimiques toxiques ou soupçonnés d'avoir des effets sanitaires. Les caoutchoucs synthétiques les plus utilisés dans les pneus sont en effet composés d'éthylène-propylène et de styrène-butadiène associés à des additifs, et catalyseurs (agents de vulcanisation). Ils contiennent des charges (elles-mêmes pouvant provenir de déchets recyclés, dont le noir de carbone), des plastifiants, des antioxydants en quantités différentes selon le fabricant voire selon le modèle. Le caoutchouc contient et libère également des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), des phtalates et divers composés organiques volatils (COV)en partie responsables de son odeur et de son goût désagréable.

 

Des récifs artificiels faits à base de pneus se sont révélés toxiques pour la faune marine. Les représentants des producteurs (via la Rubber Manufacturers Association), aux États-Unis arguent que huit États autorisent encore la mise en décharge de pneus et qu'ailleurs la plupart des restrictions à la mise en décharge seraient dues à la prévention de problèmes de ravageurs et du risque d'incendies de pneumatiques qui libèrent des toxiques tels que l'arsenic, le cadmium, le plomb, le nickel, les HAP et les COV20. Plusieurs études suggèrent qu'une partie au moins de ces produits chimiques libérés en grandes quantités lors du brûlage de pneus peut aussi être libérée, de manière plus discrète, mais chronique au fur et à mesure que la poudrette de caoutchouc se détériore. Les gaz ou particules émis sont a priori plus concentré dans l'air des stades fermés ou semi-ouvert. Lors d'une réunion (2006) de la International Association for Sports Surface Sciences on turf-related chemicals in indoor stadiums, des chercheurs norvégiens en santé publique ont présenté une étude sur les terrains de sport en gazon artificiel ne portant pas sur les risques d'accident, mais sur l'évaluation des risques sanitaires pour les pratiquants de football. Ils ont montré que les COV – à partir du caoutchouc de remplissage de gazons synthétiques – peuvent passer dans l'air sous forme d'aérosols, que les sportifs peuvent inhaler lors de leurs activités. Les auteurs ont calculé le risque pour la santé pour une situation correspondant au moindre risque, c'est-à-dire avec l'utilisation de granulés du caoutchouc recyclé qui libère le plus bas taux de ces produits chimiques, parmi tous les types de caoutchouc de remplissage. Leur conclusion est que - au regard des connaissances disponibles - l'utilisation d'un tel gazon synthétique ne causerait aucun risque grave pour la santé, même pour des populations vulnérables comme les enfants. Cependant ces mêmes auteurs pondèrent leur conclusion en notant « Il convient également de noter que peu ou pas d'information toxicologique est disponible pour de nombreux composés organiques volatils qui ont été démontrés comme étant présents dans l'air intérieur des stades [...] En outre, tous les composés organiques présents dans l'air [des stades] n'ont pas été recherchés ni identifiés ». En particulier, cette étude appelle à une recherche plus approfondie sur le développement de l'asthme et d'allergies respiratoires déclenchées par l'exposition au latex (allergène avéré, présent dans de nombreux pneus).

 

Des alternatives existent à la poudrette noire, comme le sable.

Ne contenant pas de noir de carbone, ce matériau de remplissage est blanc, ce qui limite l'absorption du rayonnement infrarouge solaire et donc le sur-échauffement du terrain au soleil en été (ici, sur le stade Alfheim, de Tromsø en Norvège).

En janvier 2007, un rapport de l'OEHAA50(Bureau californien d'évaluation des risques en santé environnementale) portant sur l’évaluation des effets sur la santé de l'utilisation de pneus usagés recyclés dans les produits de pistes et plateaux sportifs a conclu que 49 produits chimiques pourraient être libérés par la poudrette de caoutchouc de pneus (tire crumbs). Sur la base d'une expérience simulant la digestion gastrique, l'OEHHA a estimé que le risque de cancer existait mais était très faible, et un peu plus élevé, mais toujours faible (quelques cas pour 1 million de sportifs) si l'on considère que du chrysène (un cancérogène avéré pour l'homme, trouvé dans les pneus en caoutchouc) pourrait être ingéré (via le fait de porter la main à la bouche après qu'elle a été en contact avec le caoutchouc granulaire de remplissage). Cette étude a considéré le cas d'une utilisation régulière du terrain durant les douze premières années de la vie20. En 2007, l'ONG Environment and Human Health, Inc. (EHHI, qui signifie « Environnement et santé humaine, Inc. ») de North Haven (Connecticut, a commandité une étude au Connecticut Agricultural Experiment Station (un laboratoire spécialisé dans les analyses de sols agricoles) visant à évaluer la capacité des composés toxiques de la poudrette de caoutchouc à être libérés dans l'air ou l'eau. Ce rapport identifie 25 espèces chimiques (avec une certitude de 72 à 99 %) en utilisant l'analyse par spectrométrie de masse et chromatographie en phase gazeuse. Parmi les composés volatils ou libérés dans l'eau identifiés figuraient des benzothiazole (irritants et écotoxiques), des n-hexadécanes ; du butylhydroxyanisol (agent cancérigène et perturbateur endocrinien présumé) et du 4-(t-octyl) phenol (produit corrosif pouvant être préjudiciable pour les muqueuses). Les représentants des fabricants de gazon synthétique sont réunis depuis 2003 en un syndicat, le Synthetic Turf Council basé à Atlanta. Ce syndicat représentait, en 2007 plus de 50 firmes produisant du gazon synthétique40). Après l'étude de 2007, il a déclaré que « les affirmations de toxicité [du rapport de l'EHHI] sont basées sur des tests de laboratoire extrêmes tels que l'utilisation de solvants et l'extraction à des températures élevées pour générer des polluants », mais le EHHI a maintenu ses conclusions. David Brown, directeur de l'EHHI pour son département Toxicologie et santé publique ajoutant : « Il est clair que les miettes de caoutchouc recyclé ne sont pas inertes ; ni une température élevée, ni une extraction par solvant ne sont nécessaires pour libérer les métaux et les composés organiques volatils, ou semi-volatils ». David Brown insiste sur le fait que les tests de laboratoire approchent les conditions existant dans l'environnement réel, et qu'aucun solvant autre que de l'eau n'a été utilisé pour extraire ces composés. Selon Daniel Brown, les principaux obstacles à une évaluation précise de la sécurité sanitaire et environnementale de la poudrette de caoutchouc issue du recyclage de pneus sont la grande variabilité des qualités et mode de production des pneus, et le manque de données publiées sur les caractérisations chimiques de la gomme de caoutchouc. De plus, « Très peu d'échantillons ont été testés » affirme-t-il et « Il n'y a pas eu d'étude portant sur des échantillons de taille suffisante pour calculer le danger potentiel. [...] Alors que de nouveaux pneus contiennent des quantités très différentes de produits toxiques, selon leur usage prévu ; il est impossible de garantir que les sportifs, des jardiniers ou d'autres personnes ne soient pas exposés au-delà des limites de sécurité »."